rencontre avec Olivier Bauza le samedi 10 décembre 2011 à partir de 15h

la librairie la Carline

 vous invite à partir de 15h
à rencontrer

 Olivier Bauza, auteur de bande-dessinée,

 pour une signature de son dernier ouvrage 

Bienvenue chez les Provençaux, éditions De Borée






Bienvenue chez les Provençaux

Tatave et César sont en train de finir une partie de boules sur la place du village quand déboule une voiture rouge en plein milieu du terrain. Lucy et son père débarquent en Provence comme sur une autre planète. Quel est donc ce dialecte ? Un peu perdus mais vite pris en main par leurs nouveaux amis provençaux, ils vont vivre des aventures qu'ils ne sont pas prêts d'oublier. Et c'est le coeur gros qu'ils quitteront ce pays lumineux et la chaleur des gens qu'ils ont découvert. Enfant du pays jusqu'au bout de ses doigts d'artiste, Olivier Bauza a mis beaucoup de son cœur dans cette bande dessinée inspirée par la langue de son pays. Preuve qu'on peut défendre sa culture régionale sans trop se prendre au sérieux. Il nous offre dans cet ouvrage l'occasion de passer un très bon moment en très bonne compagnie, avec en fond sonore les cigales et une langue qui chante.

Olivier Bauza 

Dessinateur de bande-dessinée, il est né à Marseille le 16 février 1970. Il est l'auteur de titres humoristiques comme Superpépette, Loana Jones ou L'Odyssée d'Argos.



28 dodos avant Noël !!



La Carline vous invite à venir découvrir 
l'univers Djeco à la librairie :
Jeux d'éveil, cubes, puzzles, loisirs créatifs, jeux de société, jeux de cartes...
Tout un tas d'idées pour vos cadeaux de Noël !

nos chouchous de la rentrée 2011 (fin)


Betty, de Arnaldur Indridason
éditions Métailié 


Dans ma cellule je pense à elle, Bettý, si belle, si libre, qui s’avançait vers moi à ce colloque pour me dire son admiration pour ma conférence.

Qui aurait pu lui résister. Ensuite, que s’est-il passé ? Je n’avais pas envie de ce travail, de cette relation. J'aurais dû voir les signaux de danger. J'aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J'aurais dû… J'aurais dû… J'aurais dû… Maintenant son mari a été assassiné et c’est moi qu’on accuse. La police ne cherche pas d’autre coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable. 

notre avis
Le nouvel Indridason est surprenant et réjouissant : ce n’est pas une aventure de son personnage habituel, le commissaire Erlendur, mais un roman noir qui respecte tous les codes du genre : femme fatale, mari riche et violent à supprimer, et le pigeon qui se laisse entrainer à commettre l’irréparable, et va en payer les conséquences sans même gagner l’amour de la belle. On se croirait vraiment dans un roman de la mythique série noire américaine (on pense par exemple au « facteur sonne toujours deux fois »), n’étaient quelques éléments dissonants qui sont les bienvenus, et qu’on ne peut dévoiler sans vous gâcher tout le plaisir procuré par ce livre !


Deux romans qui se font écho autour de la guerre d’Espagne 

Dans le tourbillon, de José Antonio Labordeta
 éditions Attila 

Un homme est attaché à un arbre, avec sa mule en train de pourrir au soleil.
Il ressasse les événements qui l'ont mené là. A cette scène centrale, obsédante, ramènent tous les autres épisodes du roman. Devant les rumeurs d'un soulèvement militaire dans un village de montagne, deux clans se sont formés. Les tensions, pourtant, convergent toutes vers Braulio, l'usurier, qui s'est rempli les poches avec l'argent des uns et des autres. Une horde d'excités décide de lui régler son compte.

Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu... et une chasse à l'homme commence à travers une nature desséchée par un soleil de plomb.


Maquis, de Alfons Cervera 
éditions La Fosse aux ours 

 
A Los Yesares, dans la province de Valence, des hommes et des femmes continuent à combattre la dictature franquiste après le fin de la guerre civile.
Maquis, véritable chanson de geste des humbles et des humiliés de l'histoire, est le récit de ces temps difficiles. Alfons Cervera (né en 1947) restitue avec force la mémoire des vaincus. 



notre avis
Dans les deux cas, on suit un groupe d’hommes d’un village reculé en proie aux conséquences de la guerre plutôt qu’à la guerre elle-même : après les combats, les larges plaies ouvertes dans la société continuent de saigner. Et surtout, le fascisme s’installe, durablement.
Deux récits courts, à l’écriture forte, pour rappeler que la guerre ne se termine pas à la fin des combats, mais répand son venin pendant des années, dans les mémoires et dans les cœurs des survivants.
                                                                                                           
            

nos chouchous de la rentrée 2011 (suite)


STONER, de John Williams
éditions le Dilettante


Né pauvre dans une ferme du Missouri en 1891, le jeune William Stoner est envoyé à l’université par son père, et au prix de quels sacrifices, pour y étudier l’agronomie.
Délaissant peu à peu ses cours de traitement des sols, ce garçon solitaire découvre les auteurs, la poésie et le monde de l’esprit. Il déçoit les siens, devient professeur, se voue corps et âme à la littérature, sert ses étudiants, assiste impuissant aux ravages causés par une terrible crise économique et deux guerres mondiales, se trompe d’histoire d’amour et finit par renoncer au bonheur. Tout cela l’entame, mais rien ne le diminue : il lit.






notre avis

 Un grand livre sorti de l’oubli !

Merci à Anna Gavalda de nous donner accès, grâce à une très belle traduction, à ce joyau de la littérature américaine.
L’extraordinaire de ce roman paru en 1965, et enfin traduit en français, c’est qu’il nous conte une vie très ordinaire, tout sauf romantique, celle d’un homme plutôt terne et peu sûr de lui, et pourtant c’est passionnant de bout en bout, on ne le lâche pas ! sans doute est-ce dû à la qualité de l’écriture, mais aussi aux thèmes abordés, dont une question, centrale, qui hante le héros jusqu’au moment de sa mort : quand on aime la littérature plus que tout, et qu’on passe sa vie à essayer de transmettre cet amour, est-ce qu’on sacrifie sa « vraie » vie ?  et l’amour dans tout ça ? et l’héroïsme, le patriotisme, le courage, l’ambition, bref, les trucs d’homme ?
Ce qui revient finalement à la question centrale de tout grand livre : pour quoi vit-on ?


Room, de Emma Donoghue
éditions Stock 




Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions.
Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seule avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.  

notre avis
Les romans dont le narrateur est un enfant, ça peut être très artificiel ou gnagnan, et pour tout dire, c’est souvent raté !
Rien de tel ici, et pourtant le sujet est casse-gueule : le narrateur est donc un enfant de 5 ans qui semble très mûr et en même temps très ignorant du monde. On comprend peu à peu qu’il vit enfermé avec sa mère dans quelques mètres carrés, puis la raison de cet enfermement : sa mère a été kidnappée et vit depuis plusieurs années recluse dans une cabane de jardin insonorisée. Il y est né et ne connait rien d’autre. Jusqu’au jour où elle décide de tenter l’évasion, qui réussit, et commence alors une deuxième vie bien plus compliquée que ce qu’elle avait envisagé, pour elle comme pour lui.
Sur un thème proche de celui de la Dispute de Marivaux (l’inné et l’acquis chez les petits d’homme), Emma Donoghue réussit un roman original et poignant, en évitant les pièges du voyeurisme et du sordide. Une belle réflexion sur l’amour maternel et la place de l’humain dans le monde qui l’entoure. 

Sanctuaire du coeur, de Duong Thu Huong
éditions Sabine Wespieser 

La fugue de Thanh plonge dans la stupeur ses parents, un couple de professeurs respectés, ainsi que toute la petite ville proche de Hanoi où vit cette famille modèle.
A seize ans, le jeune homme était promis à un brillant avenir et n'avait jamais donné le moindre signe de trouble ni de rébellion. Quand on le retrouve quatorze ans plus tard - en 1999, le temps du récit -, il est devenu gigolo, entretenu par une femme d'affaires rencontrée dans la maison close de Saigon où il exerçait ses talents de prostitué. Comment - et pourquoi - ce jeune homme sans histoires en est arrivé là, c'est ce que dévoile ce roman diaboliquement construit.


notre avis
A 16 ans, Thanh, fils d’une famille heureuse et aimante, disparait inexplicablement.
On le retrouve 15 ans plus tard dans la peau d’un gigolo, après avoir été prostitué.
Par de longs flash backs dont les lecteurs de Duong Thu Huong sont familiers, on va entrer dans les vies de Thanh, de l’ami avec qui il avait fugué et de bien d’autres personnages dont il a croisé la route.
C’est l’occasion pour cette auteure vietnamienne qu’on aime depuis son magnifique  Terre des oublis de décrire les turpitudes du Vietnam contemporain, dominé par l’argent, la quête du pouvoir et le sexe. Avec toujours cette écriture très sensuelle qui nous donne à sentir, entendre et gouter son pays.




nos chouchous de la rentrée 2011

Désolations, de David Vann
éditions Gallmeister

Sur les rives d'un lac glaciaire au coeur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd'hui adultes.
Mais après trente années d'une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane de ses rêves. Irene se résout à l'accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l'assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l'obsession de son mari, elle le voit peu à peu s'enliser dans ce projet démesuré. 

notre avis
Après le coup de cœur-coup de poing de son premier roman Sukkwan Island, David Vann retrouve les étendues glacées de l’Alaska et poursuit son exploration de l’âme humaine et de sa solitude. Et après avoir disséqué les relations père-fils, il s’attaque cette fois au couple. Et ça fait mal encore une fois : son écriture toujours ciselée nous entraine vers une fin inéluctablement tragique. On en redemande !



Les villes de la plaine, de Diane Meur
éditions Sabine Wespieser

Les Villes de la plaine est un roman antique, campé dans une civilisation imaginaire qui emprunte des traits à l’Egypte et à la Babylonie, mais aussi à l’Ancien Testament.
Une civilisation du Livre, monothéiste avant l’heure, qui malgré son exotisme nous est bien plus proche qu’il n’y paraît. Asral, le personnage-clef du roman, est scribe : sa mission est de produire une copie neuve du « testament d’Anouher », ce héros mythique qui donna des lois à la ville de Sir. Très vite il s’avise que la langue sacrée qu’il transcrit est vieillie, que ses mots ont changé de sens, et que par conséquent la vraie fidélité à l’esprit des lois consisterait à les reformuler, afin qu’elles soient à nouveau comprises telles qu’elles avaient été pensées quatre ou cinq siècles plus tôt.


notre avis
"Une belle fable politique et romanesque".
Quand Ordjéneb-le-montagnard arrive à Sir, il a du mal à comprendre les codes de l'orgueilleuse ville, et il se fait mal recevoir.
Il va pourtant trouver du travail chez Asral, le scribe chargé de recopier les lois d'Anouher, le législateur mythique qui fait l'objet de toutes les dévotions de cette civilisation antique imaginaire. Il va aussi rencontrer l'amour de Djili la lavandière, mais c'est une autre partie de l’histoire...
Surtout, c'est grâce à lui et à ses questions naïves qu'Asral va peu à peu avoir des doutes sur la nature même du système politique et religieux hérité d'Anouher, système qui est devenu rigide à force de fidélité. Cela va entraîner des bouleversements dramatiques inattendus, où Ordjéneb prendra sa part.
Peu à peu, à force de détails subtils et à travers une galerie de personnages attachants, Diane Meur nous plonge dans un monde disparu qui semble pourtant familier, et nous amène tout naturellement vers le drame de la fin d’une civilisation. Elle nous fait surtout réfléchir mine de rien, à travers un roman au souffle épique, sur des thèmes comme la liberté individuelle face à la tradition, le gout du pouvoir et son partage, l'ordre si bien établi qu’on oublie de le remettre en cause: que des questions d'actualité finalement !


Limonov, de Emmanuel Carrère
Editions POL

« Limonov n’est pas un personnage de fiction.
Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.

C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».


notre avis 
Quelle richesse dans le dernier roman d’Emmanuel Carrère ! Evoquant le parcours trouble et tumultueux de ce personnage qu’est Limonov – à la fois poète, écrivain, voyou, homme politique - il parle aussi de lui, de nous, de l’époque, du bien et du mal, bref de la vie.
Son écriture splendide a encore gagné en simplicité, en évidence : un des plus beaux livres de cette rentrée littéraire



mardi 15 novembre 2011 : rencontre avec Francis Barbe et les éditions C'est-à-dire

 la librairie la Carline

 vous propose une rencontre avec

 Francis Barbe, historien, 
et les Editions C'est-à-dire 

autour de l'ouvrage 

"Et le temps, à nous, est compté." Lettres de guerre d'Albert Marquand (1914-1919)

Mardi 15 novembre 2011 à 18 h




Depuis la mobilisation en août 1914 jusqu’à son retour à la vie civile en 1919, Albert Marquand, originaire d’Aubenas en Ardèche, va entretenir avec sa famille une importante correspondance. Parti comme beaucoup confiant et patriote, il va peu à peu déchanter en découvrant la réalité de la vie au front. Comme il l’écrit, « une fois dans l’engrenage, on est bien pris ». Dans la tranchée, la mort, imprévisible, guette… Avec des mots pleins de force, il dit sa peur, sa volonté d’échapper à la tourmente, et apporte ainsi un témoignage de premier ordre sur la Grande Guerre. Il nous aide à comprendre comment des millions de soldats ont pu tenir durant quatre ans dans cet enfer de feu et de fer.